Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

écriture

  • Thème : La première fois

    J'étais médusée. Cette chose s'approchait de moi et me suivait inlassablement. J'étais à la fois horrifiée et amusée. Cette chose s'élargissait et rétrécissait. Et tout dépendait de moi. Elle achevait de se mouvoir chaque fois que je le décidais. Cette chose, qui m'interpelait semblait obéir à chacun de mes ordres. Ou bien se jouait-elle de moi, en me suivant, feignant la soumission.

    La première fois que je l'ai vue, je tentais désespérément de m'extirper de mon lit. J'empoignai les barreaux comme pour m'assurer de ma force. Puis je levai une jambe, toujours agrippée à ce bois dont j'étais prisonnière. Ma seconde jambe qui servait d'appui ne tarda pas à rejoindre la première, dans un élan d'espoir, l'espoir d'en sortir indemne, l'espoir de découvrir une liberté tant convoitée et tant refusée à mon âme bohême.

    J'avais remarqué qu'un point lumineux avait fait fuir la chose. Je m'emparai alors d'une petite lampe et j'inondai cette chose de lumière, d'un geste ample, gracieux, salvateur. Je désirais tant voir fuir cette petite sauvageonne, ce démon, cet ange noir indéfinissable maître en l'art de cacher ses talent d'indomptable. Elle ne fuyait jamais bien longtemps. Et ces brèves séparations me fendaient le cœur à coups de scalpel larmoyants. Je ne pouvais renoncer à la chose. Je m'amusais d'elle, la poursuivais à mon tour. Cette chose renfermait d'immenses secrets. Il me tardait de mettre cette chose à nu.

    La première fois que je l'ai vue, elle s'étendait sur le mur, au-delà des songes, au-delà de mon cheval à bascule. La première fois que je l'ai vue, mon bras était là, collé au mur, étendu de toutes ses forces. Ma main s'apprêtait à recevoir le délice, la perfection des breuvages, la pureté des saveurs. J'attendais mon bib' de quatre heures.

    Et là, un miracle se produisit. Une espèce de masse informe vint se poser sur la chose. Mon ombre et moi sommes devenus, à cet instant, un seul et même être. Et mon bib' de quatre venait d'arriver.

    __________________________________________________________________

    Lire les autres textes sur le site des Impromptus

  • Thème : une idée farfelue

    Une idée farfelue, une idée farfelue... je me répétais ces mots sans cesse depuis hier soir mais en vain. Quoi de plus farfelu que cette époque mièvre, faite de douceurs inconsistantes. J'eu une idée farfelue à chacun de mes pas malgré cette fadeur ambiante. Il me fallut tant d'idées farfelues afin de tromper l'ennemi, ambassadeur de la débauche. Il me fallut tant d'idées farfelues pour me tromper moi-même, pour me laisser croire et laisser croire aux maîtres de la discorde que rien ne pouvait salir mon âme. Une idée bien farfelue pour contrer chacun de mes désespoirs. Masquer une torture mentale évidente, dénicher les idées les plus incongrues pour que nul ne s'introduise dans ma caverne infernale, allégorie de mes amours et de mes déceptions. L'ennemi aurait pu se brûler les yeux à la lumière de ma souffrance.

    Quoi de plus farfelu que l'adolescence, excitante et détestable à la fois. Quelle idée farfelue que de penser que l'on peut duper les siens tant on se sent seul et fragile à cette époque mièvre, faite de douceurs inconsistantes.

    __________________________________________________________________

    Lire les autres textes sur le site des Impromptus