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LE MIROIR DE RUPHUS - Page 5

  • Thème : une idée farfelue

    Une idée farfelue, une idée farfelue... je me répétais ces mots sans cesse depuis hier soir mais en vain. Quoi de plus farfelu que cette époque mièvre, faite de douceurs inconsistantes. J'eu une idée farfelue à chacun de mes pas malgré cette fadeur ambiante. Il me fallut tant d'idées farfelues afin de tromper l'ennemi, ambassadeur de la débauche. Il me fallut tant d'idées farfelues pour me tromper moi-même, pour me laisser croire et laisser croire aux maîtres de la discorde que rien ne pouvait salir mon âme. Une idée bien farfelue pour contrer chacun de mes désespoirs. Masquer une torture mentale évidente, dénicher les idées les plus incongrues pour que nul ne s'introduise dans ma caverne infernale, allégorie de mes amours et de mes déceptions. L'ennemi aurait pu se brûler les yeux à la lumière de ma souffrance.

    Quoi de plus farfelu que l'adolescence, excitante et détestable à la fois. Quelle idée farfelue que de penser que l'on peut duper les siens tant on se sent seul et fragile à cette époque mièvre, faite de douceurs inconsistantes.

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  • Thème : le vin

    Innocent est celui qui s'enivre de ce breuvage immaculé jusqu'à en perdre la raison. Qui sait si ce vin né des cépages chéris des vignerons ne s'immiscera pas de manière impromptue dans une vie heureuse ou chaotique. Car celui qui savoure son premier verre, fier et manchot à la fois, ne sait pas si ce vin aura raison de lui ou de sa tristesse. Le vin attise les passions et réchauffe les cœurs. Il véhicule dans le corps chaleur et ivresse festive. Mais un jour le vin vole l'âme de celui qui n'a pas su s'arrêter. Le vin, bien accroché, marquera son territoire, rougissant les mains et boursouflant le visage du bel ange innocent. Il lui volera son âme et deviendra son amant de toutes les nuits, sans jamais fléchir, sans jamais faillir à ses obligations de nuire.

    Innocent est celui qui s'aventure dans les méandres du vin las, parfois, de cette joie confuse et titubante. Il s'incruste et vole le plaisir. Il s'impose, sauvage et amoureux de cette faune déchirée par le désespoir. Malheureux est celui dont les gènes de l'accoutumance vont bon train dans le mur de l'excitation et du bonheur illusoire. Rien qu'une lampée plonge notre cher ange dans le glauque avec la seule certitude que le vin sera toujours son meilleur ennemi. Il le chérira puis le détestera. Mais le vin n'est pas amant rassasié. Il prostituera son amour et sa haine jusqu'à ce que le chaos règne dans la plaine des âmes damnées. Dans la vallée des alcooliques grouillent des corps insatisfaits, des esprits torturés attendant une lichette, une gorgée puis la bouteille toute entière. Les cœurs battent la chamade, les âmes se toisent, corrompues par la soif. De pauvres âmes, dans la vallée, jonchent le sol, rampent en manque de cette ignominie qui promettait une vie pleine de gaité.  Le vin s'est épris de la misère le jour où l'innocent, malade qui s'ignore, a pris son premier verre.

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