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Le métro

DSCF1582.JPGLe métro, cet espace ou l’action est bien réduite transporte nos âmes pressées, esseulées par la promiscuité, soucieuses et fatiguées. Seuls des anticonformistes et les fous se lâchent. Et encore, dire qu’ils sont fous ne revient qu’à s’en tenir à son propre point de vue et à celui d’autres qui le partagent. Ils sont fous de s’approprier l’espace et le temps sans se soucier du regard d’autrui, tels des conquistadores dans le Nouveau Monde. A la différence que leur conquête ne satisfait qu’un élan, un désir, une envie de vivre et d’être là, dans l’histoire de l’humanité construite jour après jour, d’un geste, d’un mot, d’un éclat de rire ou de sanglots exacerbés. Ils sont fous de disposer ainsi de la torpeur générale, laissant les bouches grognantes, désireuses de paix et de normalité.

Dans le métro, la raison fait mouche mais également la frustration de ne pouvoir s’étendre sans avoir peur de gêner. Et l’on gênerait c’est certain. C’est cela être sociable. C’est s’enticher d’une source lumineuse apprivoisée du fond de notre douce caverne. C’est s’armer de patience et admettre une bonne fois pour toute et sous la contrainte que notre liberté s’arrête là où commence celle des autres. Au final, on ne peut que constater que tout est restriction s’il on veut, lorsqu’on a le choix, évoluer, confiné parmi tant d’autres afin d’aller d’un point A à un point B. Car tel est le but ultime, le point B.

Mais si les ombres qui défilent entre ce point A et ce point B avaient leur part de vérité. Dans le métro, le seul fait d’être privé de lumière et de confort nous amène à désirer l’extérieur quel qu’il soit. Inondés enfin de cette lumière, l’extérieur semble beau et délicat, plein de bon sens. Nous oublions alors toutes les frasques que cet extérieur offre et n’avons qu’un objectif, celui de quitter le tunnel sombre, sale et inquiétant. Mais dans ce métro, jamais ne nous viendrait à l’esprit que les racines d’un arbre tout proche s’insèrent dans la terre pour y puiser la vie. Elles sont dans le noir, sans aucun doute, emmurées mais quelle autre plus belle leçon de vie que les racines de l’arbre sans lesquelles les branches et les feuilles ne pourraient se hisser vers le ciel. Le tunnel hermétique chemine sous la terre érigeant une muraille symbolique entre l’être et la vie.

Et l’on aime la lumière car on se perd dans l’obscurité aussi fertile soit-elle. Et l’on construit des lieux de tourmente, persuadés que les rayons du soleil leur donneront toute leur beauté. Et par un processus étonnant, nous les trouvons effectivement beaux et attirants. Une réalité, expiée de ses fautes, nous apparaît alors. Notre esprit demeure incapable d’imaginer des choses invisibles, mais bien réelles, par le seul fait que le point B se fait attendre, au bout du tunnel insidieux, dont les parois cernent nos têtes baissées, repliées dans le souvenir de la réalité lumineuse que l’obscurité nous fait aimer. Il faudrait être fou pour déclamer la beauté invisible dans un moment de recueillement qu’est le trajet du point A au point B.

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